Philosophie générale 1 - DEFLE - Français Langue Étrangère

Philosophie générale 1

Travaux Dirigés 24h

Cours Magistral 24h

Composante : UFR Humanités

Période de l'année : Semestre 1

Formes d'enseignement : Non accessible à distance

Description

Enseignant : E. Godinot

 

« Les biens et les maux : tentatives d’identification »

 

                Identifier les biens et les maux est la tâche prépondérante de la philosophie morale. Que l’on cherche à établir un cadre normatif pour la vie pratique, permettant de discriminer les attitudes suscitant l’éloge ou le blâme, ou à identifier les réalités ou les qualités nécessaires au bonheur, toute l’action humaine semble tributaire d’une identification exacte des biens et des maux, capable de lui assigner une direction en présentant ce qu’il faut rechercher ou fuir. Or, si tous les hommes aspirent au bonheur et l’identifient à la possession parfaite du bien (ou des biens), si tous agissent en vue d’obtenir quelque bien et avec l’ambition finale d’être heureux, tous s’opposent sur les définitions qu’ils en donnent : les uns poursuivent le plaisir, conçu comme absence de douleur ou comme stimulation sensible ; d’autres poursuivent la seule vertu, excellence qui rend capable de faire bon usage de toute chose et de tout supporter ; d’autres encore, admettent une pluralité de biens où la prépondérance de la vertu ne suffit pas à produire un bonheur parfait, ce qui revient à créer un nuancier de satisfactions dans lequel le bonheur parfait semble devenir un idéal inatteignable.

Ce désaccord est-il le signe d’une impossibilité de connaître la nature exacte des biens et des maux et d’une tendance qu’aurait tout un chacun à « nommer bien ce qui lui plait » (Sextus Empiricus), ou bien peut-on espérer identifier les biens et les maux sans en omettre aucun qui risquerait de compromettre toute velléité d’agir droitement ou d’atteindre le bonheur ? Faut-il considérer la recherche des biens et des maux comme une entreprise néfaste qui encourage les hommes à poursuivre ou à fuir de façon effrénée des réalités dont la valeur réelle est insaisissable ?

Ce cours cherchera donc à examiner la teneur des différentes solutions proposées par les philosophes anciens à l’épineuse question de l’identification des biens et des maux en étudiant principalement les controverses sur l’unité du bien ou la pluralité des biens et sur la place (exclusive ou non) que l’on accorde à la vertu dans chaque conception. Nous étudierons également les apories soulevées par les traditions sceptiques contre la simple prétention d’identifier les biens et les maux et ses conséquences potentiellement funestes sur le plan éthique ; apories dont il s’agira de voir si elles peuvent être dépassées au profit d’une conception plurielle et cumulative des biens.

Bibliographie

Bibliographie d’été :

  • Prioritairement

Cicéron, Fins des biens et des maux, GF, trad. J. Kany-Turpin

Aristote, Ethique à Nicomaque, Livre I et II trad. J. Tricot, Vrin.

  • En complément

Platon, République, Livre VI – VII, trad. E. Chambry, Tel Gallimard

Sextus Empiricus, Contre les moralistes, trad. O. D’Jeranian, éditions Manucius, 2018.

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